IL Y A 100 ANS EN EURE-ET-LOIR - Arthur Renard natif de Dammarie guillotiné à Paris

Il y a 100 ans, le 21 janvier 1912, un homme de 25 ans, natif de Dammarie était guillotiné à Paris après avoir été condamné à la peine capitale. Arthur Renard avait tué l'été précédent à Paris d'un coup de révolver un passant à l'angle de la rue Réaumur et du boulevard Sébastopol. Arthur Renard était né à Dammarie le 2 mai 1887 et après un engagement militaire, il était devenu toucheur de bestiaux, c'est à dire un boucher, comme l'était son père à Dammarie. Mais voila, il s'adonnait à la boisson et devenait violent. Une première condamnation à 1903 à Châteaudun pour violence en état d'ivresse, puis une longue liste jusqu'à cette journée funeste du 5 aout 1911. Un agent dresse un procès à un conducteur de taxi qui venait de heurter un fiacre. Arthur Renard apparaît et tire avec son révolver sur l'agent qui est blessé. Poursuivi, Renard tire encore et tue un passant et blesse un autre agent. Condamné à mort en novembre 1911, le président de la république refuse sa grâce et à l'aube du 21 janvier 1912, le beauceron Arthur Renard est exécuté à Paris.

 

Ci-dessous : extrait d'un article à la une du quotidien La Presse du 21 janvier 1911 :

DE L'ASSASSIN RENARD 
C'est par une édition spéciale de la Presse que les Parisiens ont appris l'exécution capitale qui a eu lieu ce matin, Ce n'est que fort tard, hier soir, que le bruit se répandait dans Paris qu'une tête allait tomber, celle d'Arthur Renard, qui, le 5 août 1911, tuait d'un coup de revolvers l'agent Pelleter et blessait grièvement deux des camarades de ce dernier, les gardiens de la paix Richard et Le Tiec. La nouvelle, d'ailleurs, ne produisit aucune émotion et pour la première fois il nous fut donné d'assister à une exécution où le public fut presque absent. Avant de donner à nos lecteurs les détails concernant l'exécution de Renard, rappelons quel fut le crime qui conduisit le garçon boucher à l'échafaud. Criminel attentat Voici dans quelles circonstances Renard accomplit son forfait le 5 août 1911. Il était quatre heures et demie de l'après-midi, lorsque l'agent Richard, du 2e arrondissement, fit signe à un conductueur d'automobile de s'arrêter.

Le gardien de la paix fit stopper la voiture au coin de La rue Réaumur et du boulevard Sébastopol et dressa procès-verbal contre le conducteur de l'auto, qui venait d'accrocher un fiacre. Deux individus, le garçon boucher Renard et un de ses camarades, le nommé René Gaillot, descendirent d'une voiture où ils avaient pris place et se mêlèrent à l'attroupement qui venait de se former. Des invectives furent échangées et Renard, s'emprenant aux agents, sortit un revolver de sa poche et fit feu par trois fois sur le gardien de la paix Richard, qui verbalisait contre le chauffeur du taxi, M, de Foresta. Les coups portèrent. L'agent Richard, grièvement blessé, s'affaissa frappé de deux balles à la tête, le pharynx traversé par une troisième. Le meurtrier se voyant sur le point d'être pris, usa de son arme contre ceux qui le poursuivaient et c'est ainsi qu'une de ses balles alla tuer net un passant qui s'était précipité sur lui, pour, contribuer à son arrestation.

Ce passant, qui avait eu l'œil gauche crevé par le projectile, et le crane perforé, n'était autre que l'agent Pelleter, qui, en convalescence, se promenait avant de quitter Paris, pour aller se reposer en province avec sa jeune femme Pelleter, n'écoutant que la voix du devoir, s'était précipité au secours de son collègue. Mais l'assassin, doué d'une force herculéenne, se débattait encore, et, tirant sur ses adversaires, il blessa l'agent Nicolas Le Tiec, et frappa d'un coup de crosse au menton l'agent Dadoui. Un dernier coup de feu retentit encore, mais, tiré trop haut, la balle alla se perdre dans un immeuble voisin du lieu de la bataille. L'agent Richard, après des soins dans une pharmacie, fut transporté à l'Hôtel-Dieu, tandis que son malheureux collègue était conduit au poste de la rue Thorel.

Le passé de l'assassin Arthur Renard était né le 1er mai 1887 à Dammarie, près de Chartres (Eure-et-Loir). C'est le fils unique de marchands bouchers de cette ville, où il avait reçu une assez bonne éducation. A dix-huit ans, il s'était engagé au 1er régiment de zouaves à Alger. Après sa libération, il s'installa à Paris et travailla chez un boucher en gros, aux abattoirs de La Villette, où il était employé en qualité de tueur de bestiaux. Il travaillait régulièrement, mais, malheureusement, s'adonnait à la boisson. Il devenait alors excessivement dangereux. Cela lui valut à diverses reprises des condamnations répétées. L'assassin était sorti de la prison de Fresnes une vingtaine de jours avant son crime.

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