BLOIS – Le Grand Boum attribué à Joost Swarte

Dans le cadre de la 39e édition du festival bd BOUM, le Grand Boum-Ville de Blois est attribué au Néerlandais Joost Swarte. Ce prix consacre, chaque année, un auteur ou une autrice pour la qualité de l’ensemble de son œuvre.

Joost Swarte naît en 1947, à la veille de Noël. Après une solide formation académique à l’école d’esthétique industrielle d’Eindhoven, il se tourne vers la bande dessinée. Influencé à ses débuts par le comix alternatif venu tout droit des États-Unis, il crée en 1971 sa propre revue, Modern Papier. Deux ans plus tard, il fait la connaissance de son compatriote Willem, qui s’empresse de montrer ses travaux à Georges Wolinski, alors rédacteur en chef de Charlie Mensuel. S’ensuivent toute une série de récits complets, un brin déjantés, repris sous le générique L’Art Moderne.

En 1977, se déroule l’exposition Kuifje in Rotterdam (Tintin à Rotterdam). À l’origine de sa mise en scène, Joost Swarte en profite pour éditer quatre catalogues, dont un, consacré aux héritiers d’Hergé, s’intitule De Klare Lijn (littéralement « dessin au cordeau, au fil », une expression interprétée en français par « Ligne Claire », appelée à connaître un certain succès !)

S’il commence à travailler régulièrement pour le public adulte francophone, via principalement les éditions Futuropolis (incarnées alors par Florence Cestac et Étienne Robial), enchaînant quelques pépites comme le portfolio Enfin ! ; un album grand format de la collection « 30/40 » ou l’incontournable Hors-Série (« un ouvrage graphique consacré à un graphiste »), Joost Swarte n’en délaisse pas pour autant les enfants. Sa première série Katoen en Pinbal (en français Coton et Piston), entamée en 1972 dans Okki et poursuivie dans Jippo, connaît une adaptation partielle en français dans le bimensuel Astrapi, puis en albums chez Casterman. Après l’intermède du Dr Ben Ciné, il conçoit une série juvénile très personnelle, Niet Zo, Maar Zo (en français Passi-Messa), publiée dans l’hebdomadaire hollandais Vrij Nederland (une intégrale chez Dargaud). On le retrouve aux sommaires d’Humo et d’Intermagazine, ou assurant encore la scénographie du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve.

L’auteur se lie également d’amitié avec Art Spiegelman et sa femme Françoise Mouly. L’auteur de Maus lui confie la couverture du deuxième Raw (« une des meilleures images jamais créées qui illustre à la perfection la maturité stylistique de Joost Swarte », assure, en toute simplicité, Chris Ware) ; la directrice artistique du New Yorker l’invite quant à elle dans sa prestigieuse revue. Paru aux Pays-Bas chez Scratch Books, puis traduit chez Dargaud, le New York Book de Joost revient en détail sur cette collaboration. Suivra bientôt son Biblio + Picto, d’ores et déjà disponible en néerlandais.

Si l’on devait donner un qualificatif à ce touche-à-tout génial, celui de dessinateur urbain viendrait de suite à l’esprit. Joost Swarte est drôle, généreux, façonne des formes et se fait ingénieur. Chez lui, tout est construit, pensé. Voilà qui promet quelques belles surprises pour l’an prochain qui célèbrera le 40e anniversaire de bd BOUM !

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