IL Y A 100 ANS EN EURE-ET-LOIR - La fête des fleurs à Châteaudun

Dans son édition du 15 juin 1921, la Dépêche d'Eure-et-Loir revient longuement sur la fête des fleurs qui avaient été organisées à Châteaudun le dimanche précédent.

En voici son compte rendu :

Organiser une fête dans le seul but de permettre à ses concitoyen de jouir à l'aise du parfum des fleurs et de la magnificence de leur coloris variés, voire même de se jeter à la tête leurs pétales, leurs feuilles et leurs branches, c'est bien ; mais joindre cette exaltation des charmes floraux des attractions musicales, sportives et foraines et consacrer le succès et la recette de tout à la reconstitution d'une petite commune de la Somme adoptée par le canton, c'est beaucoup mieux.

C'est tout à fait bien quand le soleil, un brin capricieux par le temps qui court, consent à déverser sur les gens les produits de son cru pour leur faire mieux goûter la qualité des chose.

Nous avons eu tout cela dimanche à Châteaudun et la place du 18-Octobre a été le cadre parfait de cette aimable fête.

Un concert donné par l'harmonie, dirigée par M. Rieux, avait servi la veille de prélude aux réjouissances.

Dimanche matin, on aurait pu croire qu'une fée avait d'un coup de baguette transformé l'aspect plutôt morose de notre place. En dehors de guirlandes et de drapeaux qui s'alignaient sur ses quatre faces, de nombreux commerçant avaient pour décorer leur façades et leurs magasins, réalisé des prodiges de bon goût. Fleurs odorantes ou plus modestes roses de papier éclataient en gammes sur des fonds de verdures. Plusieurs autres rues qui se trouvaient sur le passage du défilé fleuri avaient suivi l'exemple de la place.

Les mauvaises langues qui avaient affirmé que c'était folie de vouloir organisé une fête des fleurs dans un pays où on ne trouve que des jottes, en étaient pour leur courte honte.

À 2 heures, de nombreux véhicules disparaissant sous des motifs du plus gracieux effets, se rangeaient sous les tilleuls. Les clairons de l'Union Sportive sonnèrent le départ et nous vîmes successivement défiler un char dans lequel avaient pris place nos excellents musiciens puis celui fort gracieux de la Jeunesse Dunoise avec sa compagnie d'enfants rieurs, des automobiles de la maison Renaudy, originalement décorées, des voiturettes dont l'une portait la reine de la fête, abritée par un dais de roses, des bicyclettes aux roues chargées de fleurs, des voitures d'enfants et de poupées, des patinettes et même une antique chaise à porteurs. Tout ce parterre mobile glissa sous les fenêtres et s'engouffra dans nos rues où il tourna presqu'une heure aux accents des pas redoublés.

Le public nombreux ne se lassait point d'admirer... au moins dans les intervalles de temps que voulaient bien leur laisser de charmantes fleuristes à l'éventaire garni et autre sourire irrésistible. La consigne donnée par les organisateurs aux passants était celle-ci : « A vos poche ! ». On connaît à Châteaudun la rigueur d'une consigne. Celle-ci fut appliquée à la lettre.

Et puis, vous rappelaient les pilleuses de jardin, brunes ou blondes, c'est pour Marcelcave !

À 4 heures, l'harmonie donna un fort joli concert sur une tribune élevée sous les arbres. Les gymnastes de l'Union Sportive se prodiguèrent sous les ordres de M. Mulard, leur moniteur, dans des exercices variés pendant que de malheureux passants recevaient sans ultimatum une pluie de projectiles odorants.

À 5 heures, la tribune fut transformée en ring et des émules de Carpentier se dépensèrent en exhibition qui intéressent fort les amateurs de pugilisme.

C'est ainsi que se mesurèrent sous l’œil du moniteur, M. Adam, MM. Bleu et Bisson, Coupez et Samszon, Foussard et Secrétain, Delange et Loget, Ellouet et Housset, ce dernier champion d'Eure-et-Loir, poids moyens.

On procéda ensuite à la répartition des objets offerts aux porteurs de bons.

Ajoutons que dans la journée, le vent avait emporté les ballons du concours et un aérostat plus vaste lancé par l'association commerciale.

Le soir les fleurs dont on avait été prodigue manquaient totalement, on les remplaça par des confetti. Et la bataille reprit acharnée autour des chevaux de bois. Quand elle eut assez avalé de poussière la foule se porta vers les bals.

À 2 heures, la place du 18-Octobre avait retrouvé son calme.

Souhaitons que grâce aux organisateurs de cette bonne journée des roses semblables à celle effeuillées dimanche repoussent vite aux murs des maisons de Marcelcave et dans ses jardins en deuil.

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