IL Y A 100 ANS EN EURE-ET-LOIR - Un centenaire célébré à Baigneaux

Il y a 100 ans, dans le canton d’Orgères, le petit village de Baigneaux allait connaître les honneurs de la presse nationale grâce à l’un de ses habitants. Un ancien maire de la commune fêtait ses 100 ans. Pierre Monceau (notre photo) était né le 8 janvier 1813, rentier, après une carrière bien remplie, toute consacrée au travail, l'honneur et au dévouement envers les siens et ses concitoyens nous dit le Petit Parisien de l’époque. « Je n'ai jamais quitté mon pays les maisons qui forment mon hameau sont le décor de ma vie. Baigneaux, pour moi, c'est le monde ! Je me suis amusé comme tous, mais je n'ai jamais fait d'excès. Si j'évoque ma jeunesse, je me rappelle avoir été enfant de chœur et, vers cette époque les récits de la trop fameuse bande d'Orgères qui causaient une terreur folle, car les bandits étaient venus chez un voisin ». Pierre Monceau fut pendant 56 ans conseiller municipal de Baigneaux et également pendant 6 ans maire et durant 8 ans adjoint. Vous retrouverez ci-dessous l’intégralité de l’article du Petit Parisien du 9 janvier 1913.

Châteaudun, 8 janvier. La commune de Baigneaux, arrondissement de Châteaudun, a célébré aujourd’hui le centième anniversaire de son ancien maire, M. Pierre Monceau. M. Monceau est né à Baigneaux, le 8 janvier 1813. Il y vit en petit rentier, après une carrière bien remplie, toute consacrée au travail, l'honneur et au dévouement envers les siens et ses concitoyens. Aussi quand, le 19 décembre dernier, la proposition de fêter le centenaire, le jour anniversaire de sa naissance, fut soumise au conseil municipal, tous ses membres l'adoptèrent avec enthousiasme et le programme suivant fut arrêté. A dix heures et demie, messe ; à midi, vin d'honneur à la mairie, réception du centenaire à une heure, banquet par souscription et bal.

Ce programme fut suivi de point en point et le spectacle de ce beau vieillard, encore vert et jovial, entouré d'une soixantaine de personnes formant sa famille, et de tous ses concitoyens, était des plus impressionnants. Des souvenirs ? Ah M. Pierre Monceau en a à raconter. Et s'il a la vue faible et l'oreille paresseuse, il sait soutenir une conversation et rapporter des faits qui nous semblent d'une époque bien lointaine. Nous avons pu nous entretenir longuement avec l'aimable centenaire, qui a bien voulu évoquer quelques traits de son existence. Je n'ai jamais quitté mon pays les maisons qui forment mon hameau sont le décor de ma vie. Baigneaux, pour moi, c'est le monde ! Je me suis amusé comme tous, mais je n'ai jamais fait d'excès.

Si j'évoque ma jeunesse, je me rappelle avoir été enfant de chœur et, vers cette époque .Les récits de la trop fameuse bande d'Orgères qui causaient une terreur folle, car les bandits étaient venus chez un voisin, M. Fousset, alors qu'ils le croyaient parti au marché d'Orléans. Il lui brûlèrent les pieds, mais ne le tuèrent pas. Eh bien, moi, je l'ai connu le père Fousset. J'avais sept ans en 1820, lorsque le duc de Berry fut assassiné, je m'en souviens très bien. Charles X, la prise d'Alger, l'avènement de Louis-Philippe me sont présents à la mémoire ainsi que puis, plus près de nous, 1870. M. Pierre Monceau vit les Prussiens dans son village avec les habitants du village, encouragés par M. Labiche à s'armer pour repousser et il prit, une fourche. La marche de ces braves gens ne fut que de trois kilomètres et ils durent rebrousser chemin devant une forte colonne embusqué dans le bois de Réveillé.

Un général allemand ayant été tué par un franc-tireur, tout près de Baigneaux. ce fut M. Monceau qui dut se charger de l'inhumation. Après la guerre, M. Monceau étant maire, ce fut lui qui rendit le corps à, la famille. Il s'en acquitta avec un tact parfait. M. Monceau a été pendant cinquante-six ans conseiller municipal, six ans maire et huit ans adjoint. Après le banquet, son petit-fils lui a joué, sur le violon, des airs de Louis XVIII et de Charles X. Les progrès de la science n'étonnent pas M. Monceau. Il vit en sage, et son seul désir est de ne pas mourir avant la Saint-Denis ou plutôt' de vivre jusqu'à la Sainte-Croix. A sa fille, qui iui disait qu'il dormirait encore longtemps chez lui, où il était mieux que dans le cimetière, M. Monceau eut cette réponse charmante : C'est que je commence à prendre de l'âge.

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